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Le blog de Quetigny Environnement

Le gâchis du projet Renaissance : communiqué aux élus

25 Juin 2013 , Rédigé par Quetigny Environnement Publié dans #vie de l'association

Associations environnementales de l’Est Dijonnais (AEED)

Adhérentes au CLAPEN 21 (Comité de liaison des associations et des personnes pour la protection de l’environnement en Côte d’Or)

 

 

Le projet Renaissance a vécu !

 

 

Décidé au printemps 2006 par le Conseil régional, le Conseil général de Côte d’Or, le Grand Dijon et la CCI de Côte d’Or, le projet Renaissance prévoyait  d’accueillir  254 000 passagers/an à l’année N + 7. Au terme de cette extension du trafic, le budget de fonctionnement de l’aéroport devait être équilibré.

Plus de 20 millions d’euros de fonds publics ont été engagés par les décideurs : 15,5 millions pour les infrastructures et 4,7 millions pour l’aide au lancement de nouvelles lignes.

Sept ans après où en est-on ? Sur les quatre lignes régulières exploitées par la Cie Eastern-Airways, les liaisons avec Nantes et Southampton ont fermé au bout de quelques mois et  la fréquence des vols sur Bordeaux et Toulouse réduite.

Aucun gros porteur « low-cost » ne s’est posé sur le tarmac de Longvic malgré les pistes refaites soi-disant à cet effet.

Le trafic « passagers » des vols commerciaux a péniblement atteint les 42 000 en 2012 * en baisse de 9% par rapport à 2011, pour retrouver un niveau identique à celui de 2002, mais  inférieur à celui de 1996 (53 700).

Pendant toute cette période le déficit  de fonctionnement de l’aéroport est resté autour du million d’euros.

 

Ce bilan désastreux contraste avec les certitudes et les cocoricos de toutes origines qui avaient présidé au lancement de ce projet. Les AEED avaient pourtant par deux fois, à la veille de l’examen des budgets de 2009 et 2010, alerté les élus du Conseil Régional, du Conseil Général de Côte d’Or et du Grand Dijon sur l’inutilité de Renaissance et sur l’ineptie de deux aéroports à 30 minutes de distance.

L’esprit de concurrence a prévalu sur la coopération, chaque région arc-boutée sur son pré-carré et désireux d’en démontrer à l’autre. Dole-Tavaux a lui aussi son projet Renaissance « Nouvel envol », avec 4 millions d’euros engagés par le Conseil Général et la CCI du Jura pour une aérogare toute neuve et le subventionnement  de plusieurs lignes dont une vers Paris ! Avec 34 000 passagers commerciaux en 2012*, Dole-Tavaux talonne Dijon-Longvic. Quel gâchis d’énergie et de fonds publics !

 

C’en est fini du projet Renaissance. Mais nos élus, semble-t-il, en rêvent d’un autre.

Pour les AEED, il n’y a sûrement pas place pour deux aéroports à 40 km de distance, et probablement pour aucun. Fermer l’aéroport de Dijon ne serait ni une folie ni un drame, mais plutôt un acte de lucidité et de courage au regard des enjeux majeurs du 21ème siècle. Le « toujours plus, plus vite, plus grand, plus loin », frénésie de la fin du  20ème  siècle, apparaît aujourd’hui une hérésie et une menace pour la survie de  l’humanité. Par les temps de crise multiforme que nous connaissons, les projets de développement doivent être fondés sur d’autres priorités sociales et écologiques. C’est dans ce sens que les AEED entendent continuer leur action.

 

* statistiques l’UAF (union des aéroports de France)

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